Cours magistral

mai 2021

Biologie et féminismes

Dans ce cours, nous étudierons le cadre épistémologique fondé sur l’hypothèse de la différence sexuelle dans ses rapports complices et contradictoires avec des discours biologiques et féministes. En particulier nous nous demanderons comment, au nom d’une réappropriation des corps des femmes, le champ féministe des années 1970 s’est constitué contre un certain discours biologique, et en quoi nous assistons aujourd’hui à « un tournant biologique d’un nouveau genre » (Anne Emmanuelle Berger, 2020), c’est-à-dire en quoi la biologie peut servir aujourd’hui à légitimer des pratiques féministes d’appropriation des corps. Pour ce faire, nous examinerons comment les nouvelles technologies de procréation troublent l’hypothèse de la différence sexuelle, à savoir troublent les rapports entre sexe, sexualité et identités de genre. 

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Science

avril 2021

L’écologie est-elle une science comme les autres ?

Les sociétés modernes se sont construites sur l’équation savoir = prévoir = pouvoir. Si l’écologie ne consiste pas seulement à ajouter des connaissances au premier terme, en quoi modifie-t-elle l’équation ?
Discipline née à la fin du XIXe, l’écologie a contribué à subvertir certaines oppositions structurantes pour les sciences modernes. Traditionnellement, le sujet connaissant entretient un rapport d’extériorité et de surplomb à son objet : on cherche les lois de la nature pour en permettre la maîtrise. L’écologie, elle, étudie les relations d’interdépendance qui unissent les vivants – du ver de terre au chercheur en laboratoire – entre eux et à leur milieu. Pourtant, elle exerce aujourd’hui des prérogatives apparemment identiques à celles des sciences fondées sur la séparation entre nature et culture, sujet et objet. Forte d’un discours sur le destin de la planète, on attend de ses modélisations qu’elles valident décisions politiques et innovations technologiques. Peut-on à la fois replacer le sujet connaissant dans son milieu et continuer à exercer les prérogatives d’une science ? Nous en examinerons trois : la capacité à décrire de façon unifié les phénomènes terrestres, celle de prédire les événements futurs et celle de résoudre les problèmes écologiques, à travers les notions respectives d’Anthropocène, de collapsologie et de géo-ingénierie.

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Science

mars 2021

Le réel en mathématiques

On calcule sur des chiffres. Pour faire le compte d’une addition, cela se fait de tête. On s’en remet sinon à la machine. Mais lorsque cela se complique, on pose un X pour l’inconnu d’un tel calcul. Il faut alors penser et inventer de nouvelles formes de calcul. Mais que se passe-t-il si l’on interprète le X comme autre chose qu’une quantité ? Que devient une équation où le X n’est plus un chiffre, mais une proposition ou une idée ? La logique mathématique se mêle alors à notre langage et à notre vision du monde.

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Science

février 2021

Savoirs situés et objectivité forte

Le féminisme a contribué à déconstruire le mythe d’un discours universellement valide, en montrant qu’une telle prétention à l’universalité ou à la neutralité repose en réalité sur l’hégémonie d’une position singulière sur d’autres. Il faut alors comprendre que tout discours, tout savoir est situé. Mais c’est alors l’objectivité, comprise comme la possibilité de délier un énoncé de la subjectivité qui l’énonce, qui s’effondre. Or l’objectivité n’est rien d’autre que le critère même de vérité des énoncés scientifiques. Est-il alors possible de penser l’objectivité tout en renonçant à l’universel ? Ou comment renoncer à l’universel sans détruire l’objectivité qui est condition et critère de vérité ? Après avoir déployé les termes de ce problème, nous tenterons de le résoudre en examinant l’hypothèse que des penseuses féministes ont appelée "objectivité forte".

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février 2021

février 2021

Les théories scientifiques sont-elles vraies ? Episode 2

On a vu qu’on ne pouvait pas prouver des énoncés théoriques par l’expérience ; mais selon Popper, on peut les réfuter : donc le « scientifiquement prouvé » a un sens, mais négatif : on ne peut avoir qu’un « scientifiquement réfutée, ou du moins réfutable ».
Les théories scientifiques ont donc un rapport très étroit à la vérité/fausseté avec Popper ; plus vraiment le cas chez Feyerabend.

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Janvier 2021

janvier 2021

Les théories scientifiques sont-elles vraies ?

La science mérite-t-elle la suprématie sur « dire la vérité » qu’on lui donne ? La science nous donne-t-elle accès à une vérité qui fonderait une supériorité du discours rationnel (ou rationaliste) occidental sur les autres discours ?
On entend très souvent l’expression « scientifiquement prouvé » comme synonyme de « vrai », et inversement, à tel point que c’en est devenu un argument d’autorité (donc pas très scientifique...) ? On ne sait pas trop ce que ça veut dire, de sorte qu’on se sent obligé d’acquiescer...La science mérite-t-elle la suprématie sur « dire la vérité » qu’on lui donne ? La science nous donne-t-elle accès à une vérité qui fonderait une supériorité du discours rationnel (ou rationaliste) occidental sur les autres discours ?

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Science

décembre 2020

Le tournant cybernétique

Le mot « cybernétique » charrie avec lui quantité de fantasmes et de représentations en tout genre – ordinateurs, informatique, robots, nouvelles technologies en général. Le but de ce cours est Triple. Il s’agira en premier lieu de dissiper cette confusion en répondant précisément à la question « Qu’est-ce que la cybernétique ? » via la lecture des textes fondateurs de N. Wiener. Il nous faudra comprendre la définition qu’il en donne, à savoir qu’elle est « la théorie du contrôle et de la communication, aussi bien chez l’animal que dans la machine ». Une fois ce point établi, nous essaierons de situer la cybernétique par rapport aux sciences de l’époque : quels problèmes vient-elle résoudre et quel nouveau paradigme scientifique propose-t-elle ? Peut-on parler d’une science cybernétique ? Enfin, nous essaierons de dégager quelques uns des enjeux culturels qui entourent la naissance et le développement de la cybernétique : de l’usage militaire des débuts au pacifisme profond de l’après guerre ; le rapport entre humains et machines ; l’usage de la cybernétique au-delà de son domaine de départ déjà très vaste.

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Octobre 2020

novembre 2020

Qu’est-ce qu’une révolution scientifique ?

Nous tenterons de répondre à cette question avec notamment le livre de Thomas Kuhn, La structure des révolutions scientifiques (1962).

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Science

octobre 2020

La révolution copernicienne comme changement cosmologique


Que la Terre tourne autour du Soleil – et non pas l’inverse – est l’une des plus grandes certitudes acquises par la science moderne. C’est aussi un énoncé qui a fait basculer le monde, du système ptoléméen au système copernicien, du géocentrisme à l’héliocentrisme, de l’harmonie cosmique au silence des espaces infinis. La révolution copernicienne est devenu non seulement le modèle de toute révolution scientifique, mais aussi celui du changement radical de monde qui a inauguré la modernité. Pourtant, il ne s’agissaitque d’une hypothèse astronomique visant à simplifier le calcul des trajectoires planétaires – en prenant comme point fixe non plus la Terre mais le Soleil. Pourtant, on continue toujours de voir le Soleil se lever tous les matins et se coucher tous les soirs. On voudrait donc essayer de comprendre comment un simple énoncé scientifique a pu transformer aussi profondément le rapport au monde de toute notre civilisation.

Bibliographie
Alexandre Koyré, La révolution astronomique, Copernic-Kepler-Borelli, Paris, Hermann, 1961
Thomas Kuhn, La révolution copernicienne, trad. A. Hayli, Paris, Fayard, 1973