Ateliers

octobre 2020

Présentation de l’atelier science-fiction

« Nous sommes plusieurs à penser, depuis notre coin d’avoine sauvage, au milieu du maïs extra-terrestre, que, plutôt que de renoncer à raconter des histoires, nous ferions mieux de commencer à en raconter une autre, une histoire que les gens pourront peut-être poursuivre lorsque l’ancienne se sera achevée. »

  • Il faudra d’abord apprendre à lire, dit Omélas en clignant des yeux.
  • Et peut-être se mettre à écrire ?, demanda Qynabys. »

Ateliers

octobre 2020

Présentation de l’atelier théologie

Cet atelier est expérimental. On y parlera de théologie et de religion avec la plus totale liberté, sans pour autant dire n’importe quoi. Si la science est parfois hâtivement qualifiée de nouvelle religion aujourd’hui (en tant que discours qui a le monopole de la vérité), il n’est pas absurde, au cours d’une année consacrée aux sciences, d’apporter un contre-point théologique dans un atelier. Une des différences essentielle entre science et religion tient peut-être dans le fait que la première ne répond pas (ou plus) à la question du sens de la vie que prétendait régler la seconde. Si on ne regrette pas la main-mise que la religion a pu exercer – et exerce encore – sur la vie humaine, on peut se demander quel type de discours prend aujourd’hui en charge la recherche du sens de l’existence individuelle et collective : nous faisons le pari que la philosophie, le commentaire et la discussion peuvent y participer. Il ne s’agit pas pour autant de construire de nouvelles croyances « à partir de rien » ni de déléguer toute notre foi à un projet critique ou politique : dans notre quête, nous irons donc interroger aussi les sagesses religieuses en espérant y trouver quelques lumières. À travers une exploration très sommaire de grands textes religieux choisis par les participants à l’atelier d’une séance sur l’autre, nous nous exercerons à commenter les paroles sacrées en voyant ce qu’elles ont permis d’éclairer tout comme les zones d’ombres qu’elles continuent de projeter aujourd’hui.

Ateliers

octobre 2020

Présentation de l’atelier féminisme

"Si nous estimons que le féminisme est davantage qu’une étiquette frivole, si nous le concevons comme une éthique, une méthodologie, une manière plus complexe de penser les conditions de la vie humaine et donc d’agir sur elles, nous avons besoin d’une connaissance de nous-mêmes qui ne peut se développer que par une attention constante et passionnée à toute l’expérience des femmes (...). S’il en est ainsi, nous ne pouvons travailler seules. Confrontons-nous plutôt à ce fait, que notre espoir de parvenir à penser à l’encontre d’une conception du monde mutilée et mutilante, cet espoir repose sur notre recherche d’une communauté de collaboratrices à qui nous ferons don de notre allégeance. Et au-delà de l’échange et des critiques adressées à propos du travail, nous devons nous demander comment nous pouvons rendre les conditions du travail plus fructueuses, non seulement pour nous-mêmes, mais l’une pour l’autre. Ce n’est pas une question de générosité.(...) La question est celle de la communauté que nous nous efforçons de constituer dans notre travail et sur laquelle nous pouvons nous appuyer ; savoir qui nous envisageons comme auditoire, nos partenaires de création, nos aiguillons ; qui nous poussera à aller plus loin dans notre travail, avec davantage de sérieux que nous ne l’aurions osé ; à partir de l’oeuvre de qui nous pourrions nous-mêmes édifier quelque chose". 

Adrienne Rich, "Ce qu’il nous faut pour oeuvrer", 1976

Cours magistral

Science

octobre 2020

La révolution copernicienne comme changement cosmologique


Que la Terre tourne autour du Soleil – et non pas l’inverse – est l’une des plus grandes certitudes acquises par la science moderne. C’est aussi un énoncé qui a fait basculer le monde, du système ptoléméen au système copernicien, du géocentrisme à l’héliocentrisme, de l’harmonie cosmique au silence des espaces infinis. La révolution copernicienne est devenu non seulement le modèle de toute révolution scientifique, mais aussi celui du changement radical de monde qui a inauguré la modernité. Pourtant, il ne s’agissaitque d’une hypothèse astronomique visant à simplifier le calcul des trajectoires planétaires – en prenant comme point fixe non plus la Terre mais le Soleil. Pourtant, on continue toujours de voir le Soleil se lever tous les matins et se coucher tous les soirs. On voudrait donc essayer de comprendre comment un simple énoncé scientifique a pu transformer aussi profondément le rapport au monde de toute notre civilisation.

Bibliographie
Alexandre Koyré, La révolution astronomique, Copernic-Kepler-Borelli, Paris, Hermann, 1961
Thomas Kuhn, La révolution copernicienne, trad. A. Hayli, Paris, Fayard, 1973

Ateliers

octobre 2020

Présentation et programme de l’atelier cinéma

« L’auteur qui a médité sur les conditions de la production actuelle [...] son travail ne sera jamais uniquement le travail sur les produits mais toujours en même temps un travail sur les moyens de production. » Walter Benjamin, « L’Auteur comme producteur ».

Une image de cinéma est possible grâce à un machine optique, objective, qui peut à la fois filmer une frappe aérienne de l’armée israélienne, des rues de métropoles ou des rayons de supermarché, des actrices ou des ouvriers en grève. Le cinéma est absolument dépendant de sa technique, quelle soit scientifique, militaire ou économique.
Cependant le cinéma remet constamment en jeu ses propres conditions. Cette réflexivité du cinéma sur sa matéralité et son historicité, nous choisissons de l’analyser tout au long de l’année à travers l’oeuvre d’Harun Farocki. Ce travail sera accompagné de lectures de textes et de visionnages d’extraits d’autres œuvres cinématographiques.

Ateliers

Novembre 2020

novembre 2020

Présentation des groupes du dimanche

Ces petits groupes, constitués à l’année, expérimentent ce que donne la réflexion philosophique appliquée directement à une matière non philosophique en lien avec le thème de l’année.
Cette année, il y en a 6.
Cybernétique, Ecologie, Ethologie, Harmonie, Architecture, Astronomologie.
Ci-joint les différentes présentations des groupes.

Cours magistral

Octobre 2020

novembre 2020

Qu’est-ce qu’une révolution scientifique ?

Nous tenterons de répondre à cette question avec notamment le livre de Thomas Kuhn, La structure des révolutions scientifiques (1962).

Cours magistral

Science

décembre 2020

Le tournant cybernétique

Le mot « cybernétique » charrie avec lui quantité de fantasmes et de représentations en tout genre – ordinateurs, informatique, robots, nouvelles technologies en général. Le but de ce cours est Triple. Il s’agira en premier lieu de dissiper cette confusion en répondant précisément à la question « Qu’est-ce que la cybernétique ? » via la lecture des textes fondateurs de N. Wiener. Il nous faudra comprendre la définition qu’il en donne, à savoir qu’elle est « la théorie du contrôle et de la communication, aussi bien chez l’animal que dans la machine ». Une fois ce point établi, nous essaierons de situer la cybernétique par rapport aux sciences de l’époque : quels problèmes vient-elle résoudre et quel nouveau paradigme scientifique propose-t-elle ? Peut-on parler d’une science cybernétique ? Enfin, nous essaierons de dégager quelques uns des enjeux culturels qui entourent la naissance et le développement de la cybernétique : de l’usage militaire des débuts au pacifisme profond de l’après guerre ; le rapport entre humains et machines ; l’usage de la cybernétique au-delà de son domaine de départ déjà très vaste.

Cours magistral

Science

février 2021

Savoirs situés et objectivité forte

Le féminisme a contribué à déconstruire le mythe d’un discours universellement valide, en montrant qu’une telle prétention à l’universalité ou à la neutralité repose en réalité sur l’hégémonie d’une position singulière sur d’autres. Il faut alors comprendre que tout discours, tout savoir est situé. Mais c’est alors l’objectivité, comprise comme la possibilité de délier un énoncé de la subjectivité qui l’énonce, qui s’effondre. Or l’objectivité n’est rien d’autre que le critère même de vérité des énoncés scientifiques. Est-il alors possible de penser l’objectivité tout en renonçant à l’universel ? Ou comment renoncer à l’universel sans détruire l’objectivité qui est condition et critère de vérité ? Après avoir déployé les termes de ce problème, nous tenterons de le résoudre en examinant l’hypothèse que des penseuses féministes ont appelée "objectivité forte".

Cours magistral

Science

mars 2021

Le calcul symbolique

On calcule sur des chiffres. Pour faire le compte d’une addition, cela se fait de tête. On s’en remet sinon à la machine. Mais lorsque cela se complique, on pose un X pour l’inconnu d’un tel calcul. Il faut alors penser et inventer de nouvelles formes de calcul. Mais que se passe-t-il si l’on interprète le X comme autre chose qu’une quantité ? Que devient une équation où le X n’est plus un chiffre, mais une proposition ou une idée ? La logique mathématique se mêle alors à notre langage et à notre vision du monde.

Cours magistral

Science

avril 2021

L’écologie est-elle une science comme les autres ?

Les sociétés modernes se sont construites sur l’équation savoir = prévoir = pouvoir. Si l’écologie ne consiste pas seulement à ajouter des connaissances au premier terme, en quoi modifie-t-elle l’équation ?
Discipline née à la fin du XIXe, l’écologie a contribué à subvertir certaines oppositions structurantes pour les sciences modernes. Traditionnellement, le sujet connaissant entretient un rapport d’extériorité et de surplomb à son objet : on cherche les lois de la nature pour en permettre la maîtrise. L’écologie, elle, étudie les relations d’interdépendance qui unissent les vivants – du ver de terre au chercheur en laboratoire – entre eux et à leur milieu. Pourtant, elle exerce aujourd’hui des prérogatives apparemment identiques à celles des sciences fondées sur la séparation entre nature et culture, sujet et objet. Forte d’un discours sur le destin de la planète, on attend de ses modélisations qu’elles valident décisions politiques et innovations technologiques. Peut-on à la fois replacer le sujet connaissant dans son milieu et continuer à exercer les prérogatives d’une science ? Nous en examinerons trois : la capacité à décrire de façon unifié les phénomènes terrestres, celle de prédire les événements futurs et celle de résoudre les problèmes écologiques, à travers les notions respectives d’Anthropocène, de collapsologie et de géo-ingénierie.

Cours magistral

mai 2021

Biologie et féminismes

Dans ce cours, nous étudierons le cadre épistémologique fondé sur l’hypothèse de la différence sexuelle dans ses rapports complices et contradictoires avec des discours biologiques et féministes. En particulier nous nous demanderons comment, au nom d’une réappropriation des corps des femmes, le champ féministe des années 1970 s’est constitué contre un certain discours biologique, et en quoi nous assistons aujourd’hui à « un tournant biologique d’un nouveau genre » (Anne Emmanuelle Berger, 2020), c’est-à-dire en quoi la biologie peut servir aujourd’hui à légitimer des pratiques féministes d’appropriation des corps. Pour ce faire, nous examinerons comment les nouvelles technologies de procréation troublent l’hypothèse de la différence sexuelle, à savoir troublent les rapports entre sexe, sexualité et identités de genre.