Pratiquer la pensée

Accessible à tout.e.s, notre formation réunit une cinquantaine de personnes, un week-end par mois pour discuter, manger, écouter des cours, dormir, regarder des films, faire le ménage et étudier des textes.

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Manifeste

Nous voulons faire de la philosophie, c’est-à-dire penser avec conséquence. Pour cela, nous voulons fonder une école. Or à l’école, habituellement, la pensée est privée de ses conséquences parce qu’elle est coupée de ses conditions. La condition fondamentale de la pensée est la vie. Elle en est aussi l’enjeu le plus profond : parce que la pensée part du vécu et y retourne. Il ne sert à rien d’apprendre la définition de la liberté sans avoir fait l’expérience de l’aliénation et sans chercher à s’en libérer. C’est ce que l’école tend à nous faire oublier. La pensée y est exposée comme un ensemble de discours, de théories, de doctrines que l’on monnaie contre des notes et des diplômes.

Cette pensée terriblement abstraite et désincarnée n’est pas coupée de toute vie – comment le pourrait-elle ? – mais elle s’accorde avec une manière de vivre assez peu enthousiasmante : celle des étudiant·e·s ou des professeur·e·s, c’est-à-dire des salarié·e·s de la pensée. Ce que l’on apprend dans un cours de philosophie est souvent très intéressant et parfois absolument bouleversant, et pourtant on ne sait pas quoi en faire, parce que le désir de savoir n’a pas d’autre conséquence sur le plan existentiel que de devenir un·e professionnel·le de la pensée, c’est-à-dire un·e professeur·e ou un·e intellectuel·le critique.

Si à l’inverse on décide de prendre au mot la critique, de rompre avec ce monde et de quitter les bancs de l’école afin de prendre en main ses conditions de vie, il devient difficile de continuer à penser, au sens philosophique du terme, parce que la vie livrée à elle-même produit rarement autre chose que sa propre justification. Assumer les conséquences d’une pensée, c’est mettre en question les conditions matérielles et imaginaires de la vie qui la porte, quitte à les bouleverser. Fonder une école de philosophie ne vise donc pas seulement à transmettre des savoirs ou à les critiquer, mais à forger des outils permettant de donner à nos vies les formes les plus justes.

L’école s’inscrit donc dans une perspective qui la dépasse très largement. La manière de manger, d’habiter, de produire ou de construire détermine en effet le genre de vie que nous menons, au même titre que la manière dont nous pensons. Là où la société moderne propose un modèle fondé sur la division du travail entre spécialistes, modèle auquel les utopies opposent celui de l’homme total capable de tout faire en une seule journée, il paraît plus juste de reposer la question de l’articulation entre les différentes sphères de l’existence.

Une école de philosophie ne saurait donc être indifférente au lieu dans lequel elle se situe et aux activités qui la conditionnent : or la plupart des espaces que nous connaissons exigent cette indifférence, car chaque tâche fait de l’oubli des autres la condition de sa propre perfection. Les bon·ne·s étudiant·e·s sont ainsi celles et ceux qui savent se rendre suffisamment aveugles au monde pour se concentrer sur leurs études. Le salariat qui confère ensuite à certain·e·s le droit de ne plus avoir à se préoccuper que de penser est une illusion en plus d’être une injustice, car la pensée pure ne se soutient pas d’elle-même ; elle n’aurait plus rien à penser ni plus rien à manger. Pour restituer sa signification vitale à la philosophie, il faut donc trouver comment brancher la machine théorique sur la machine agricole, la machine militante, la machine artisanale, etc. C’est pourquoi l’école de philosophie gagne à se construire dans un lieu où se pose la question de l’articulation entre les différents savoirs et les différentes activités et où de tels branchements peuvent être expérimentés.

Dès lors que la pratique de la philosophie n’a plus pour seul horizon la professionnalisation de la pensée, nous voudrions envisager tous les rapports imaginables de l’existence à la philosophie : des vies qui s’y consacrent pleinement, d’autres qui la traversent un moment et tout l’éventail des possibles entre les deux. Dans tous les cas, c’est ce qu’on appelait dans l’Antiquité la « vie bonne », c’est-à-dire l’interrogation sur la juste manière de mener sa vie, qui est en question. C’est parce que l’on y oublie cette question que l’on produit, dans les universités, un discours souvent aride, parfois obscur, toujours désincarné. À l’inverse, c’est parce que l’on ne pense pas la vie bonne, que l’on cherche pourtant à mener, que l’on a aujourd’hui tant de mal, dans les milieux révolutionnaires, à donner du sens à nos gestes.

Il ne s’agit ni de dire comment vivre aux un·e·s, ni de dire quoi faire aux autres. L’école se donne pour tâche de fournir à celles et ceux qui s’interrogent sur la transformation possible et radicale de leurs conditions de vie un temps pour la penser et de rendre manifeste à celles et ceux qui veulent prendre la philosophie au sérieux la nécessité de se poser la question des conditions matérielles de leur existence. Bref, nous voudrions que les écolier·ère·s puissent déserter et que les déserteur·euse·s puissent aller à l’école.

Venir

L’inscription se fait à l’année, après un cours d’essai. Il est également possible de venir une fois en auditeur libre, ou de venir faire à manger sur une session.

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Les cours durent de septembre à juin, un week-end toutes les cinq semaines. Les sessions commencent le vendredi à 14h et se terminent le dimanche soir.

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Lieu

Dans le Tarn-et-Garonne, sur la commune de Verfeil-sur-Seye

Argent

Nous demandons une participation d’environ 25 euros par session pour couvrir les frais de nourriture et d’hébergement de l’année

Un week-end à l’école de philosophie

VENDREDI

Installation - activités

Nous mettons sur le même plan les taches d’organisation et les cours, ce sont donc les participants qui préparent et rangent, à tour de rôle, la maison qui nous accueille.

Repas 

Le temps des repas nous permet de continuer les discussions sur un ton plus informel. Ils sont préparés par les membres de l’école et par des équipes venues partager là leur passion de la cuisine.

Ateliers 

Le vendredi après-midi est consacré à des ateliers en petit groupe au choix : cette année, nous nous partageons entre un atelier de théorie féministe, un atelier de théologie, un atelier cinéma et un atelier de science-fiction.

Repas 

Ciné-club

Nous regardons ensemble le film dont une scène a été étudiée par l’atelier cinéma, et qui est en lien avec le thème du cours magistral du lendemain : nous avons regardé La bête lumineuse avant d’écouter le cours sur amitié et vérité.

SAMEDI

Cours magistral

De manière assez classique, les cours du samedi mêlent contenu doctrinal et rigueur méthodologique, pour donner à voir ce qu’est une argumentation philosophique en acte. Pour nous, ces moments sont à l’école ce qu’est à un cours de danse la chorégraphie accomplie par le professeur.

Repas 

Discussion libre

Après le repas, un moment en petit groupe est consacré à revenir librement sur le cours, pour éclaircir les incompréhensions, approfondir les propositions, pointer les problèmes ou les limites du propos.

Entraînements

Après la démonstration, l’exercice à la barre. Il s’agit toujours en petit groupe d’acquérir par la répétition les techniques de base de l’argumentation philosophique, en s’exerçant, au choix, à la problématisation d’une notion, à l’analyse de texte ou à la polémique.

Repas 

DIMANCHE

Méthodologie

C’est le moment où sont formalisées les techniques qui sont mise en œuvre le samedi après-midi. Par exemple, on y expose et travaille ensemble des méthodes d’analyse de texte ou de réfutation d’argument.

Repas 

Petits groupes thématiques

Ces petits groupes, unis pour l’année, expérimentent ce que donne la réflexion philosophique appliquée directement à une matière non philosophique en lien avec le thème de l’année.

Repas 

LUNDI

Rangement - ménage

Nous mettons sur le même plan les taches d’organisation et les cours, ce sont donc les participants qui préparent et rangent, à tour de rôle, la maison qui nous accueille.

Un week-end à l’école de philosophie

Installation - activités
Nous mettons sur le même plan les taches d’organisation et les cours, ce sont donc les participants qui préparent et rangent, à tour de rôle, la maison qui nous accueille.
VENDREDI
Installation - activités
Repas 
Ateliers 
Repas 
Ciné-club
SAMEDI
Cours magistral
Repas 
Discussion libre
Entraînements
Repas 
DIMANCHE
Méthodologie
Repas 
Petits groupes thématiques
Repas 
LUNDI
Rangement - ménage

2020-2021

La science

Ils disent que la Terre tourne autour du soleil, que l’ADN code le vivant et que le climat se réchauffe. Mais qui sont-ils ? Ce sont les scientifiques et les expert.e.s, celles et ceux dont la parole a l’autorité de la science. Parmi tous les discours et toutes les formes de savoir qui existent, la science jouit d’un statut privilégié : elle constitue le savoir par excellence. Les savoirs fondés sur l’expérience vécue ou l’autorité d’une tradition, même quand on en reconnaît la valeur, sont toujours considérés comme inférieurs par la modernité occidentale. Ce sont des modes d’explication approximatifs et tronqués, que la science peut toujours, en droit, corriger et dépasser. N’importe quel phénomène, même le plus étonnant et le plus mystérieux, demeure en attente de son explication scientifique. C’est cette prétention hégémonique de la science que nous voudrions examiner.

Cours magistraux de l'année 2020-2021

30 octobre - 2 novembre
La révolution copernicienne comme changement cosmologique
04-07 décembre
Le tournant cybernétique
8-11 janvier
Le pouvoir du savoir
19-22 février
Savoirs situés et objectivité forte
19-22 mars
Le réel en mathématiques
23-26 avril
L’écologie est-elle une science comme les autres ?
28-31 mai
Biologie et féminismes
25-29 juin
Restitution des petits groupes
  • La révolution copernicienne comme changement cosmologique

    30 octobre - 2 novembre

    Que la Terre tourne autour du Soleil – et non pas l’inverse – est l’une des plus grandes certitudes acquises par la science moderne. C’est aussi un énoncé qui a fait basculer le monde, du système ptoléméen au système copernicien, du géocentrisme à l’héliocentrisme, de l’harmonie cosmique au silence des espaces infinis. Pourtant, on continue toujours de voir le Soleil se lever tous les matins et se coucher tous les soirs.
    Lire la suite dans la section cours

    Le cours d’épistémologie du dimanche portera sur "Qu’est-ce qu’une révolution scientifique ?"

  • Le tournant cybernétique

    04-07 décembre

    Le mot « cybernétique » charrie avec lui quantité de fantasmes et de représentations en tout genre – ordinateurs, informatique, robots, nouvelles technologies en général. Le but de ce cours est Triple. Il s’agira en premier lieu de dissiper cette confusion en répondant précisément à la question « Qu’est-ce que la cybernétique ? » via la lecture des textes fondateurs de N. Wiener.
    Lire la suite dans la section cours

    Le cours d’épistémologie du dimanche portera sur "le calcul symbolique"

  • Le pouvoir du savoir

    8-11 janvier

    Le cours d’épistémologie portera sur : "Preuve et réfutation en science"

  • Savoirs situés et objectivité forte

    19-22 février

    Le cours d’épistémologie du dimanche portera sur "Qu’est-ce qu’une expérience scientifique ?"

  • Le réel en mathématiques

    19-22 mars

    Le cours d’épistémologie du dimanche portera sur "Logique, universalisme et traduction"

  • L’écologie est-elle une science comme les autres ?

    23-26 avril

    Le cours d’épistémologie du dimanche portera sur : "Prévision, prédiction, modélisation en économie"

  • Biologie et féminismes

    28-31 mai

    Le cours d’épistémologie du dimanche portera sur "Le normal et le pathologique"

  • Restitution des petits groupes

    25-29 juin

Le réseau des écoles

L’école de philosophie est liée à d’autres formations créées ces dernières années. Ces écoles ont en commun le désir de partager des techniques et des savoir-faire dans un cadre collectif, hors des institutions. Pour le moment ces liens se concrétisent par l’organisation de chantiers-écoles regroupant une formation de charpente, de ferronnerie, de menuiserie, de bûcheronnage, d’art et anthropologie, de philosophie…

L’école des Renardes

Une formation annuelle de charpente

http://alternativesforestieres.org/Ecole-des-Renardes-606" target="_blank" >Voir

L’école de la terre

Rencontres, discussions et réflexions sur le plateau de Millevaches, dans le Limousin

https://labogue.info/spip.php?article493" target="_blank" >Voir

Des chênes et vous

Des sessions d’apprentissage autour du travail du bois

https://encommun.eco/projets/chenes-et-vous" target="_blank" >Voir

Abrakadabois

Cycle de formation autour de la forêt et du bucheronnage

https://encommun.eco/projets/abrakadabois" target="_blank" >Voir

La Cellule d’Action Rituelle

https://labofii.wordpress.com/" target="_blank" >Voir

L’école de philosophie

descriptif en quelques mots

L’équipe

Nous sommes un groupe d’ami.e.s. Nous nous sommes rencontré.e.s durant nos études de philosophie et travaillons ensemble depuis, pour certains à côté d’activités de recherche ou d’enseignement dans les institutions. Tous et toutes sommes insatisfai.te.s des conditions actuelles d’apprentissage et d’exercice professionnel de la philosophie et nous cherchons à créer ensemble des conditions existentiellement et politiquement plus désirables pour la pratiquer.