Cours magistral

Amitié

octobre 2020

Ad astra. L’amitié stellaire selon Nietzsche

On considère généralement nos amis comme nos proches. Il se pourrait cependant que la proximité, par quoi on a l’impression d’être fait les un.e.s pour les autres, ne soit que l’indice d’un narcissime profond qui nous fait chercher en l’autre le simple reflet de nous-mêmes. Que serait une amitié débarrassée de tout narcissisme ? La critique nietzschéenne de l’amour du prochain accouche d’une proposition énigmatique : une amitié d’étoiles.

Bibliographie
F. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, « De l’amour du prochain », « De l’ami »
F. Nietzche, Le gai savoir, §279

Cours magistral

juillet 2020

L’amitié politique

Théoriquement, la relation qui unit les citoyens dans nos États modernes est celle du contrat : contrat politique entre le peuple et ses représentants, contrat économique entre les membres du peuple. Libre ensuite aux individus de signer toute sorte de contrats supplémentaires, tant qu’ils respectent des règles minimales (le droit). Nous proposons l’expérience de pensée suivante : que deviendrait un système politique si la relation qui en unit les membres était l’amitié plutôt que le contrat ? Est-ce seulement possible ? Peut-on encore parler de système politique ? Et puis, que faire alors des relations qui n’entrent pas dans le cadre de l’amitié ?
L’enjeu d’une telle expérience de pensée n’est pas seulement d’imaginer d’autres formes de politiques mais aussi de déployer toutes les possibilités de l’amitié en la libérant de la sphère restreinte de l’intimité (« entre amis »).

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juin 2020

Sur la sororité

Telle qu’on la connaît, l’amitié est une affaire d’hommes. Elle a été, dans la culture occidentale, dominée par des valeurs fondamentalement masculines, parmi lesquelles, au premier titre, la fraternité. Si l’homme est l’ami de l’homme et que la femme est tenue pour l’objet de l’homme, en quel sens est-elle l’amie de la femme ? Et pourrait-elle être l’amie de l’homme ? On s’interrogera, à partir des théories féministes, sur la signification et la possibilité d’une amitié féminine.

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amitié

mai 2020

À nos amours : amitié, amour, sexualité

Nous nous poserons d’abord dans ce cours la question de la distinction entre amour et amitié, après avoir tenté de les définir : affects, relations, expériences ? Il s’agira d’interroger le critère qui permet de dire qu’on « tombe amoureux.se », par exemple d’un.e ami.e, alors même qu’on aime tou.te.s ses ami.e.s. On s’attardera notamment sur l’hypothèse qui semble la plus commune : celle faisant du désir sexuel le point de bascule de l’amitié vers l’amour. On se demandera alors ce qui sépare les amoureux.ses qui s’aiment des amant.es qui font l’amour, en nourrissant nos
interrogations d’une étude de la figure moderne dessex friends, ces ami.e.s qui font l’amour.
La deuxième partie du cours concernera la mutation éthique que subit l’amour à notre époque, où la relation amoureuse classique est mise à mal soit par le libéralisme existentiel que produit le capitalisme (refus de l’engagement, quête du plaisir individuel, survalorisation de la multiplicité des expériences), soit par la volonté adverse de déconstruire un modèle amoureux très genré et semblant condamné à ses affects tristes (jalousie, manque, dépendance…). Cette subversion du rapport amoureux classique semble le faire muter vers ce qui s’apparente davantage à de l’amitié ou de la camaraderie amoureuse. Un nouveau type de rapport confondant amitié, amour, sexualité, et qui réclame sa propreéthique s’il veut déjouer à la fois les apories de l’amour romantique classique et celles du libéralisme existentiel.

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Amitié

décembre 2019

L’amitié vertueuse chez Aristote

La « vertu » dans le théorie de l’amitié chez Aristote

Que veut dire se soucier de ses amitiés ? Non pas l’ami, dans l’appréhension fine de sa manière d’être que je peux en avoir, ni moi-même dans ce que j’attends ou demande de mon ami, mais cette relation d’amitié elle-même, et à travers elle ce qui est partagé par deux amis. Quelle est-elle cette chose ? Et ce qui est partagé par les deux amis, est-il en soi commun, c’est-à-dire possiblement partageable avec d’autres ? Ou ce ne serait qu’un bien réservé à des amitiés exemplaires, voire impossibles, inexistantes finalement, vis-à-vis desquelles toute amitié n’est qu’une pâle copie décevante ? On abordera ces problèmes à travers quelques enjeux posés par le rôle de la "vertu" (arete) dans la théorie de l’amitié d’Aristote tel qu’il l’expose dans L’Ethique à Nicomaque.

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Amitié

novembre 2019

Amitié et vérité

Si le philosophe est, comme le prétend l’étymologie, l’ami de la sagesse, alors la relation qui unit le philosophe au savoir doit nous enseigner quelque chose de l’amitié. Pourtant, le philosophe n’est pas l’ami des hommes, mais des Formes. En cela, la philosophie semble ignorer toute relation interpersonnelle et leur préférer le rapport à un savoir absolu. Elle prétend cependant que ce désir de vérité, loin de lui être propre, constitue la vérité du désir. Pour que le désir parle vrai, il faut des formes. Nous essayerons de comprendre ce qui se joue dans un dialogue et à quelles conditions une vérité peut s’y exprimer.

Bibliographie :

  • Platon, Le Banquet ; L’Alcibiade
  • Foucault, Le courage de la vérité
  • Lacan, Séminaire VIII, Le transfert

Cours magistral

octobre 2019

Présentation de l’année 2019-2020

L’étymologie courante veut que la philosophie soit « l’amour de la sagesse ». Le terme grec philia et le verbe philein renvoient toutefois à l’idée d’amitié plus qu’à celle d’amour. Le nom même de « philosophie » enveloppe donc l’amitié. Aimer la sagesse, non pas comme un amoureux ou un amant, mais comme un ami, qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut peut-être dire, avant tout, être ami.e.s dans la sagesse.