Ateliers

octobre 2020

Présentation de l’atelier féminisme

"Si nous estimons que le féminisme est davantage qu’une étiquette frivole, si nous le concevons comme une éthique, une méthodologie, une manière plus complexe de penser les conditions de la vie humaine et donc d’agir sur elles, nous avons besoin d’une connaissance de nous-mêmes qui ne peut se développer que par une attention constante et passionnée à toute l’expérience des femmes (...). S’il en est ainsi, nous ne pouvons travailler seules. Confrontons-nous plutôt à ce fait, que notre espoir de parvenir à penser à l’encontre d’une conception du monde mutilée et mutilante, cet espoir repose sur notre recherche d’une communauté de collaboratrices à qui nous ferons don de notre allégeance. Et au-delà de l’échange et des critiques adressées à propos du travail, nous devons nous demander comment nous pouvons rendre les conditions du travail plus fructueuses, non seulement pour nous-mêmes, mais l’une pour l’autre. Ce n’est pas une question de générosité.(...) La question est celle de la communauté que nous nous efforçons de constituer dans notre travail et sur laquelle nous pouvons nous appuyer ; savoir qui nous envisageons comme auditoire, nos partenaires de création, nos aiguillons ; qui nous poussera à aller plus loin dans notre travail, avec davantage de sérieux que nous ne l’aurions osé ; à partir de l’oeuvre de qui nous pourrions nous-mêmes édifier quelque chose". 

Adrienne Rich, "Ce qu’il nous faut pour oeuvrer", 1976