À nos amours : amitié, amour, sexualité

Nous nous poserons d’abord dans ce cours la question de la distinction entre amour et amitié, après avoir tenté de les définir : affects, relations, expériences ? Il s’agira d’interroger le critère qui permet de dire qu’on « tombe amoureux.se », par exemple d’un.e ami.e, alors même qu’on aime tou.te.s ses ami.e.s. On s’attardera notamment sur l’hypothèse qui semble la plus commune : celle faisant du désir sexuel le point de bascule de l’amitié vers l’amour. On se demandera alors ce qui sépare les amoureux.ses qui s’aiment des amant.es qui font l’amour, en nourrissant nos
interrogations d’une étude de la figure moderne dessex friends, ces ami.e.s qui font l’amour.
La deuxième partie du cours concernera la mutation éthique que subit l’amour à notre époque, où la relation amoureuse classique est mise à mal soit par le libéralisme existentiel que produit le capitalisme (refus de l’engagement, quête du plaisir individuel, survalorisation de la multiplicité des expériences), soit par la volonté adverse de déconstruire un modèle amoureux très genré et semblant condamné à ses affects tristes (jalousie, manque, dépendance…). Cette subversion du rapport amoureux classique semble le faire muter vers ce qui s’apparente davantage à de l’amitié ou de la camaraderie amoureuse. Un nouveau type de rapport confondant amitié, amour, sexualité, et qui réclame sa propreéthique s’il veut déjouer à la fois les apories de l’amour romantique classique et celles du libéralisme existentiel.

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Exemplifier

Tout peut servir d’exemple. Donc il n’y a pas d’exemple en soi.
A première vue, l’exemple de quelque chose est là pour consolider l’existence d’autre chose, pour faire advenir son être, pour l’imposer. On dirait que l’exemple est de l’ordre de l’impur, de l’imparfait, dévoilant partiellement et imparfaitement une réalité qui lui est supérieure. L’exemple a une fonction de monstration, il fait signe vers autre chose qui est extérieure à lui-même.

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La vie bonne : genres et formes de vie dans la philosophie antique

Quand la philosophie apparaît au Ve siècle av. J.-C., elle ne naît pas comme science, mais comme mode de vie. Philosopher, c’est vivre un certain genre de vie et, si l’on en croit ceux qui le vivent, le meilleur parmi tous. La vie bonne, c’est la vie contemplative. Une telle affirmation s’appuie une réflexion plus large sur les formes de vie – qui ne se réduit ni à la biologie, ni à la sociologie, ni à l’anthropologie, mais qui se situe en
deçà du partage entre l’étude générale du vivant et celle de ses formes singulières. La philosophie n’est donc qu’une forme de vie parmi les autres, mais cette forme prétend être la plus haute. Il faut donc chercher à comprendre ce qui lie l’étude des formes de vie à un plaidoyer pour la vie philosophique. Si le mot grec theoria ne signifie pas simplement « théorie », c’est-à-dire un savoir coupé de l’expérience, mais « contemplation », c’est-à-dire un certain rapport vivant à ce qui est, alors il faut examiner en quoi ce rapport peut prétendre être plus vrai que les autres.

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Vie et vérité chez Nietzsche

Pour cette séance, on commencera par suivre le raisonnement de Nietzsche dans sa dimension destructrice. Ce dernier s’attaque en effet à tous les discours prétendument absolus – par exemple ceux de la philosophie ou de la religion – pour les ramener au type de vie qui l’énonce, en se demandant à chaque fois qui parle. Nietzsche est ainsi un des premiers auteurs à détruire la croyance en l’existence de vérités indépendantes de leur situation d’énonciation, et des rapports de pouvoir particuliers qui les caractérisent. Cette forme de nihilisme fait aujourd’hui partie de notre condition contemporaine : pourquoi choisir un mode de vie plutôt qu’un autre si toute croyance peut être réduite à une stratégie vitale ?
On verra ensuite comment Nietzsche tente de sortir de ce nihilisme. Pour cela, il lui faut reconstruire une distinction entre différentes existences plus ou moins authentiques, à l’intérieur d’un cadre où toute transcendance a été détruite. On examinera sa proposition, qui en passe entre autre par une opposition entre force et faiblesse, et on en questionnera les limites.